A l’échelle mondiale : 14 % des entreprises sondées prévoient de réduire leurs investissements au titre de l’année 2009. Au vu du contexte économique actuel, ce constat n’a rien de surprenant… mais ce « sacrifice » de la R&D crée inévitablement des risques, à moyen/long terme, sur l’activité des entreprises d’autant plus que le développement de nouveaux produits n’attend pas, même si la crise perdure.
Pour le commissaire à la recherche de la Commission européenne, Janez Potocnik, « ce n’est donc pas le moment de relâcher l’effort d’investissement dans la recherche et l’innovation ».
Certains grands groupes l’ont d’ailleurs bien compris. C’est ainsi, par exemple, que l’Oréal, Apple, Google ou encore First Automobile Works (FAW) ont adopté une stratégie radicalement différente qui consiste en un accroissement des dépenses de R&D. L’objectif de cet investissement supplémentaire n’est autre que le développement de nouveaux produits. Une telle politique, qui peut être considérée comme agressive, est la meilleure façon pour toute entreprise d’accroître son chiffre d’affaires. L’innovation, même sur fond de crise financière, constitue donc une manière efficace pour devancer la concurrence.
Cette volonté d’innover doit être partagée par toute entreprise (TPE, PME et grands groupes cotés ou non en bourse) d’autant plus qu’une partie des dépenses engagées est prise en charge par l’Etat français.
En effet, la France s’est dotée, depuis le 1er janvier 2008, du crédit d’impôt recherche le plus attrayant des pays de l’OCDE. Depuis cette date, le montant du CIR est déplafonné, la part en accroissement est supprimée alors que la part assise sur le volume des dépenses a été multipliée par trois, portant le taux du crédit d’impôt à hauteur de 30 %, voire 40 % ou 50 % dans certains cas. Toutes les entreprises sont concernées par ce dispositif dès lors qu’elles réalisent des opérations de recherche fondamentale, de recherche appliquée ou de développement expérimental au sens de l’article 244 quater B du Code général de impôts (CGI). La phase d’identification des projets est primordiale d’autant plus qu’un projet éligible peut ouvrir droit à d’autres avantages fiscaux notamment en matière de taxe professionnelle ou d’impôt sur les sociétés.
L’effort public dédié à la recherche et au développement ne s’arrête pas là puisque les entreprises répondant à la définition communautaire des PME peuvent également bénéficier, sous certaines conditions, d’avantages fiscaux et sociaux supplémentaires.
Ces aides publiques versées a posteriori nécessitent que les entreprises disposent d’une trésorerie suffisante. A défaut, les entreprises qui en font la demande peuvent bénéficier de soutiens en amont sous forme de subvention à la R&D ou d’avances remboursables afin de financer leur projet.
C’est ainsi que par temps de crise, l’accroissement des dépenses de recherche et développement constitue un enjeu fondamental à moindre coût pour une entreprise…